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Au hasard d’une promenade clermontoise, vous tomberez peut-être sur une fresque. Si votre attention est saisie, votre sensibilité touchée, recherchez une signature: la probabilité est forte de découvrir le nom Keymi. En quelques années, ce trentenaire dynamique est devenu une référence dans le milieu du graff (abréviation de graffiti, précisons-le à l’attention des allergiques aux apocopes). D’un débit aussi rapide que celui d’une bombe de peinture, il redessine son parcours depuis les bureaux de Zap.
Né à Paris de parents auvergnats, Keymi grandit en région parisienne et découvre très tôt la culture hip-hop composée notamment de danse, de rap ou encore de graff. Cette dernière discipline capte définitivement son affectivité: « J’ai commencé la peinture à la bombe en voyant les fresques de Mode 2 ». Sans dénigrer le tag pour autant, et fort de prédispositions manifestes, la réalisation de fresques cristallise en effet son ambition artistique.
Féru de sciences – l’astronomie étant une autre de ses passions -, il obtient un bac S et accompagne ses parents dans leur retour à Clermont-Ferrand. Après deux années en histoire de l’art où il se confronte à de la théorie, il trouve un emploi avec des horaires offrant des plages libres. Alors bien sûr, il graffe, peint, revisite les murs de la ville, et apprivoise aussi différentes techniques. « J’ai toujours eu une vision artistique du graff bien que je sois en mode loisirs».
Pendant une période, entouré d’amis (« une bande de joyeux lurons »), il graffe même tous les jours. « Le mouvement était en plein essor, sans ce côté business. Il y’avait du dynamisme, de l’émulation et un vrai coté identitaire ».
Pour ses oeuvres, ses inspirations sont multiples : « les photos de mode, l’univers, la bande dessinée, les mangas, notamment de science-fiction », et sonambition avouée : « Il faut toucher la sensibilité de ceux qui regardent et créer une ambiance ». Peu à peu, Keymi obtient quelques sacro-saintes autorisations : ses premières grandes réussites fresquistes sont le pharaon de la place du 1er mai, ou encore Réflexe Blue près du Géant. Toutefois, sa notoriété auprès du grand public, il la gagne avec les travaux du Tram : « J’avais repéré les plots qui étaient bien placés sur les chantiers. J’ai commencé à les décorer ». Sa réputation grandit, et il devient alors de plus en plus demandé sur des expos, de la déco, par des entreprises ou des particuliers. Mais il précise sa position : « je ne cherche pas à en vivre. Je suis dans la recherche permanente de plaisir. Je tiens à mon indépendance et à ma liberté ».
En parallèle, Keymi peint sur toile. De la calligraphie abstraite. Une peinture riche, avec de la matière, une forme de réflexion sur le temps. Là encore, ses oeuvres séduisent. Preuve du vent de reconnaissance soufflant sur ses créations, Keymi est très demandé et fut présent aux Rencontres Graff à Orcet et à La Roche Blanche, aux Trans’Urbaines, à Cusset, à Egliseneuve-d’Entraigues , et proposa encore un atelier avec l’Office .
Bref, les déflagrations de ses bombes de peinture devraient résonner encore longtemps. Pour le plaisir des yeux. Tout simplement.
Et après ?
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Vos commentaires
sur «Keymi, c’est graff docteur?»|
Nice post |
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Bonjour, |
com